Clément Lores prend beaucoup d’angle sur sa CB500 à Frangy en 2026
Course de côte • 300cc

Frangy 2026 : chuter et repartir

— Récit de course par Clément Lores

J'arrive à Frangy en troisième position du Championnat de France, avec 22 points d'avance sur le quatrième. Je suis dans une position confortable et je me sens très bien sur la moto. L'objectif du week-end est d'améliorer mon chrono de 2025, mais surtout de continuer à creuser l'écart avant la dernière épreuve de la saison.

Je connais déjà le tracé. J'en garde le souvenir d'une route assez rapide, mais avec un bitume vraiment mauvais qui fait bouger la moto en permanence. Ce n'est pas une course que j'apprécie particulièrement. Sur une route aussi bosselée, j'ai du mal à m'exprimer et à jouer avec la moto comme je peux le faire ailleurs.

La météo est bonne, il fait chaud sans que ce soit caniculaire. En revanche, la route semble offrir peu de grip et les bosses sont toujours bien présentes. La première montée se passe pourtant bien. Je retrouve rapidement mes repères de l'année précédente et, pour une fois, je me sens déjà rapide dès le début du week-end.

Clément Lores au départ de la course de côte de Frangy 2026

La deuxième montée des qualifications commence encore mieux. Je sais que je suis rapide et que le chrono va être bon. Je veux mettre du rythme pour avoir une référence solide avant la première course. En bout de ligne droite, j'en fais trop. J'arrive beaucoup trop tard sur les freins et j'essaie de compenser en freinant très fort alors que la moto est déjà sur l'angle.

J'ai le genou par terre et je continue malgré tout à appliquer de la pression sur le frein avant. Clairement, j'abuse. L'avant finit par croiser et je tombe à environ 100 km/h.

Dès que je commence à glisser, je sais exactement ce que j'ai fait. Je n'ai pas besoin de regarder une vidéo ou d'inspecter la moto pour comprendre. J'ai gardé trop de frein avec beaucoup trop d'angle. Mon cul touche à peine le sol que j'ai déjà compris mon erreur.

Je reste conscient de tout pendant la glissade. Je n'ai pas spécialement peur. L'erreur est faite, maintenant il faut simplement attendre que ça s'arrête. Je finis par m'écraser net dans l'airfence. La moto s'arrête immédiatement, je rebondis dedans et je passe derrière. Au moment de l'impact, ma seule pensée est qu'il ne faut surtout pas qu'un bras ou une jambe reste coincé pendant que le reste du corps continue de tourner.

Finalement, je n'ai rien. Une seconde après avoir arrêté de glisser, je suis déjà debout. Et je commence immédiatement à gueuler. Pas parce que j'ai mal, mais parce que je sais que je viens peut-être de perdre très gros sur une erreur bête, commise à un moment du week-end où elle n'était absolument pas nécessaire.

Les commissaires interviennent tout de suite. Le choc était violent et ils sont forcément inquiets, mais je les rassure rapidement. Les secours me posent quelques questions. À part le genou qui a un peu tapé, tout va bien.

Début de la perte de l’avant à Frangy en 2026 La CB500 glisse vers l’airfence à Frangy en 2026 Clément Lores et sa CB500 approchent de l’airfence pendant la chute de Frangy 2026 Impact de la CB500 contre l’airfence à Frangy en 2026 Clément Lores derrière l’airfence après sa chute à Frangy en 2026 Fin de la chute derrière l’airfence à Frangy en 2026
La chute, depuis la perte de l’avant jusqu’à l’impact dans l’airfence.

La moto, elle, a beaucoup moins bien vécu l'impact. Le cale-pied est cassé, le guidon est tordu, les polys sont abîmés et la direction n'est plus droite. Quand je la vois, je me demande si mon week-end, et peut-être même ma fin de saison, viennent de s'arrêter là.

Je rentre au paddock avec une seule idée : tout faire pour être au départ de la première course. Il reste à peine 1 h 30. Avec le team NJC Racing, je me lance dans une réparation de fortune. Il ne faut surtout pas manquer une course et abandonner tous ces points à mon concurrent direct.

La colère est encore là parce que cette chute était débile. Je n'avais aucune raison d'envoyer aussi fort dès les qualifications. Mais ce qui compte maintenant, c'est ma réaction. C'est ma façon de gérer la suite qui dira si je me comporte comme un bon ou un mauvais pilote. Je reste donc dans mon week-end et je refuse de laisser cette chute me déstabiliser.

Une heure et demie après être tombé à près de 100 km/h, je suis de nouveau sur la ligne de départ. La CB500 peut rouler, mais c'est un peu la merde : le train avant n'est toujours pas droit et je vais devoir terminer les trois courses comme ça.

Clément Lores sur l’angle dans un virage bosselé à Frangy en 2026

Je n'ai pas peur de remonter. Je sais que la chute vient de mon erreur et pas d'une réaction incompréhensible de la moto. Dans ma tête, je reste serein. Je perds forcément un peu de rythme, mais beaucoup moins que ce que j'aurais pu imaginer. Je termine la première course 7e sur 13 en 1:11.416. Malgré la chute et la moto tordue, j'améliore même légèrement mon chrono de la première course de 2025.

Résultat course 1

— Chrono : 1:11.416
— Classement : 7e place sur 13

Pour la deuxième course, je continue à composer avec le train avant de travers. Je roule en 1:11.081 et je termine 8e. Ce n'est évidemment pas le résultat que j'étais venu chercher, mais quelques heures plus tôt je pensais ne même pas pouvoir prendre le départ.

Résultat course 2

— Chrono : 1:11.081
— Classement : 8e place sur 13

Lors de la dernière course, je retrouve encore du rythme. Je passe en 1:09.986 et je prends la 6e place. Je n'améliore pas mon meilleur chrono de 2025, mais je termine à seulement quelques dixièmes malgré la chute et une moto qui n'est toujours pas droite. Surtout, j'ai réussi à revenir rouler convenablement au même endroit sans perdre complètement mes repères.

Résultat course 3

— Chrono : 1:09.986
— Classement : 6e place sur 13
— Avance restante au championnat : 14 points

Mon concurrent direct me reprend huit points pendant le week-end. Sur le coup, j'ai la rage de les avoir perdus. Mais je suis aussi soulagé de n'en avoir perdu que huit. J'aurais pu manquer les trois courses et repartir de Frangy avec un championnat complètement renversé. Finalement, je reste troisième avec 14 points d'avance.

Ma copine et le team NJC Racing ont bien vécu la chute. Ils me font confiance et savent que je pilote avec la tête sur les épaules. Leur présence m'a surtout permis de réparer et de repartir sans perdre de temps à remettre en question tout ce que je savais faire.

Je retiens malgré tout une vraie leçon. Mettre autant de rythme lors d'une qualification n'avait aucun sens par rapport à l'enjeu de la session. J'aurais pu tout perdre pour un chrono qui ne distribuait encore aucun point. Je suis fier de ma réaction après la chute, mais je sais aussi que le meilleur moyen de bien gérer ce genre de situation reste de ne pas la provoquer inutilement.

J'arrive donc à Merléac avec 14 points d'avance et une manière différente de réfléchir. Je sais désormais que la quantité de risque que je prends doit dépendre de l'enjeu réel de chaque montée. Frangy m'a coûté huit points, mais la leçon apprise ce week-end va directement m'aider à défendre ma troisième place lors de la finale.

La montée de Frangy 2026 en vidéo