Clément Lores sur sa CB500 sous la pluie au Petit-Abergement
Course de côte • 300cc

Marchaux 2025 : pluie et chute

— Récit de course par Clément Lores
Photo d’illustration prise au Petit-Abergement : je n’ai pas de photo de Marchaux sous la pluie.

Après ma première course à Chanaz, je pars pour la course de côte de Marchaux dans un bon état d'esprit, mais avec une question en tête : est-ce que mes résultats étaient vraiment dus à mon niveau, ou simplement au fait que je connaissais le tracé comme ma poche ? Cette fois, plus d'excuse et plus de route familière. Je viens chercher une confirmation.

Marchaux, je ne connais pas du tout. Je découvre la montée en faisant des allers-retours en voiture. Première impression : ça ne va pas être simple à mémoriser. Les virages s'enchaînent, les repères sont nouveaux et, surtout, la route paraît bien étroite pour la vitesse que l'on prend. À Chanaz, je savais déjà où regarder avant même d'arriver dans un virage. Ici, il faut tout apprendre.

Les essais se passent plutôt bien. Entre les montées, j'analyse attentivement mes vidéos embarquées pour voir où je me rate, mais aussi observer mon attitude sur la moto. Position, trajectoires, hésitations : tout y passe. À chaque visionnage, je trouve quelque chose à corriger pour la montée suivante. Petit à petit, le tracé commence à rentrer et je prends confiance.

Clément Lores en essai sur le sec à la course de côte de Marchaux 2025

Arrive la première montée de course. Le chrono tombe : 1:18.987, 6ème sur 11. Encore 6ème, comme à Chanaz, mais cette fois sur une route totalement inconnue quelques heures plus tôt. La réponse que j'étais venu chercher commence à se dessiner : non, Chanaz n'était peut-être pas seulement un coup de chance ou un avantage lié au terrain. J'arrive aussi à apprendre un tracé et à trouver du rythme rapidement.

Résultat course 1

— Chrono : 1:18.987
— Classement : 6ème place sur 11

Puis la pluie arrive, et avec elle une découverte totale. Malgré mon expérience sur route, je ne roulais jamais sous la pluie. Alors rouler sous la pluie en course... encore moins. Et surtout, je n'ai pas de pneus pluie. Seulement mes Dunlop Sportsmart TT. Je sais donc que je ne vais rien jouer dans ces conditions. L'objectif est simplement de découvrir, de comprendre et de rester sur mes roues.

La montée suivante est une montée d'essais. Je compte vraiment me balader : aucune prise de risque, aucun chrono à aller chercher. Je veux profiter de ce passage pour continuer à apprendre le tracé et sentir les bosses sous la pluie. Dans ma crédulité, je me dis quand même que mes pneus ont des rainures, alors ça devrait aller. Manque d'expérience...

Clément Lores sous la pluie au Petit-Abergement, photo utilisée pour illustrer le récit de Marchaux

En sortie d'épingle, à la remise des gaz, l'arrière décroche d'un coup. Littéralement. Un gentil highside, pas très vite, mais sans aucun avertissement et sans rien pouvoir faire. C'est comme si la route s'était transformée en glace. Moi, je n'ai rien. La moto, en revanche, fait deux tonneaux : les polys sont cassés et la fourche est légèrement pliée.

Retour tardif au paddock. Ma copine, qui m'accompagne ce week-end, ne comprend même pas tout de suite que je suis tombé. Pourtant, entre le retard et l'état de la moto, il y avait quelques indices... Pas le temps de trop réfléchir : je répare rapidement ce que je peux pour terminer le week-end. La chute ne m'a pas fait mal et ne m'a pas fait peur. Elle m'a surtout appris que l'adhérence sous la pluie, ce n'est pas seulement « dans la tête ».

CB500 de Clément Lores endommagée après sa chute à Marchaux 2025

Pour la deuxième course, le tarmac est toujours mouillé. Sans pneus adaptés, je ne peux rien faire. Je roule très lentement et je ramène la moto en haut. Le chrono de 1:42.832 paraît loin de celui réalisé sur le sec, mais dans ces conditions le résultat est presque secondaire. L'important, c'est de repartir après la chute et d'emmagasiner de l'expérience.

Résultat course 2

— Chrono : 1:42.832
— Classement : 9ème place

Pour la dernière montée, la route commence à sécher. Je peux reprendre un peu de rythme, tout en restant bien loin de ce que je suis capable de faire sur le sec. Je gagne tout de même plus de huit secondes et termine en 1:34.103. Ce n'est pas le chrono que j'étais venu chercher, mais après une chute, deux tonneaux et une réparation express dans le paddock, finir le week-end est déjà une petite victoire.

Résultat course 3

— Chrono : 1:34.103
— Classement : 9ème place

Je repars de Marchaux avec deux certitudes. La première, c'est que mon résultat de Chanaz n'était pas seulement dû à ma connaissance de la route : sur un tracé inconnu, j'ai de nouveau réussi à me placer 6ème. La seconde, c'est que sous la pluie, la volonté ne remplace pas des pneus adaptés. Il va falloir que je trouve de vrais pneus pluie pour la prochaine fois.

En tant que pilote, cette première chute ne m'a ni déstabilisé ni effrayé, et c'est sans doute le point le plus positif du week-end. J'ai découvert mes limites, celles de mon matériel, et je repars encore plus motivé avec l'envie de faire mieux à la prochaine course.

La montée de Marchaux en vidéo

Prochaine étape : Panissières. L'objectif sera simple : repartir de l'avant et continuer à progresser.