J'arrive au Petit-Abergement avec une confiance nouvelle. La course précédente, à Panissières, m'a beaucoup apporté : le tracé était très rapide et il m'a permis de prendre confiance en ma moto comme en mon pilotage. Cette fois, je ne viens plus seulement pour voir où je me situe. Mon objectif est clair : essayer de titiller les gars devant.
Le tracé, en revanche, m'est totalement inconnu puisque c'est ma première année. Je pars donc le reconnaître avec ma CBR600RR de route. Dès les premiers passages, je sais que je vais l'aimer. C'est rapide, les virages se prennent avec beaucoup d'angle et le rythme correspond parfaitement à ce que j'apprécie sur une moto. Il va falloir l'apprendre, mais l'envie d'attaquer est déjà là.
Les essais se passent très bien. Je comprends tout de suite que j'ai un gros potentiel ici. Et pour la première fois, je dispose d'un équipement presque révolutionnaire : des couvertures chauffantes. Oui, oui... jusque-là, je partais en course avec les pneus froids. Ma stratégie de mise en température consistait essentiellement à tourner la poignée et à faire confiance aux lois de la physique. Avec des pneus déjà chauds au départ, je découvre qu'on peut aussi attaquer sans commencer chaque montée par une séance de préchauffage improvisée.
Première montée de course : 1:32.908 et 6ème place sur 10. Je suis content du résultat, mais surtout de ce que racontent les écarts. Je suis très proche du 4ème. Les gars de devant ne sont plus des silhouettes au loin : ils sont à portée. Il y a clairement une place à aller chercher.
Résultat course 1
— Chrono : 1:32.908
— Classement : 6ème place sur 10
Pour la deuxième course, je me libère complètement. Je sors mon plus grand art et le chrono tombe : 1:28.816. Plus de quatre secondes gagnées et, surtout, une 4ème place. C'est mon meilleur résultat depuis mes débuts. Le top 3 de la course est juste devant et cette fois, je ne suis plus seulement un pilote qui espère profiter d'une erreur des autres. Je suis devenu un candidat sérieux.
Résultat course 2
— Chrono : 1:28.816
— Classement : 4ème place sur 10
Je vois encore de la marge. Il reste des trajectoires à travailler, des endroits où je peux être plus précis et quelques fractions de seconde à gratter. À ce moment-là, je me dis que tout est possible. Le top 3 sur une course n'est plus un rêve abstrait : il se trouve à une montée parfaite.
Sur la ligne de départ de la dernière course, je suis clairement là pour en découdre. Pourtant, je suis très calme. Pas d'agitation, pas de doute, seulement une concentration extrême sur le travail à accomplir. Je sais exactement ce que je dois faire et dans quel ordre. Il ne reste plus qu'à réciter.
La montée se déroule exactement comme je l'ai étudiée. Je fais tout parfaitement, je ne commets aucune erreur et je claque un chrono d'enfer : 1:28.484. En haut, je lis mal le classement et je crois d'abord que je suis 2ème. L'émotion monte immédiatement. Sous le casque, les yeux piquent un peu et quelques larmes très discrètes réussissent à passer le contrôle technique. Je suis très heureux et fier d'avoir enfin prouvé à moi-même que j'en suis capable.
Une fois revenu en bas, je comprends que je termine finalement 3ème. Mais lorsque je regarde l'écart avec la deuxième place, l'histoire devient encore plus folle : 0,003 seconde. Trois millièmes. À ce niveau-là, c'est à peu près le temps que coûte un moustique qui vient s'écraser sur la visière. Un écart aussi faible, on en voit très rarement.
Résultat course 3
— Chrono : 1:28.484
— Classement : 3ème place sur 10
— Écart avec la 2ème place : 0,003 seconde
— Classement final du week-end : 4ème place
Cette première 3ème place en course a une saveur particulière. Je la décroche avec l'une des motos les moins performantes du plateau, lors de mon quatrième week-end de compétition. Jusqu'ici, je rêvais de compétition et j'essayais de savoir si j'avais réellement un truc en moi ou si j'allais finir spectateur jusqu'à la fin. Au Petit-Abergement, quelque chose change : c'est fini de seulement rêver. Je peux clairement y croire, il faut que je continue à travailler.
Cette 3ème place me prouve que j'ai un potentiel énorme en tant que pilote. Elle me fait aussi comprendre que je dois tout donner pour aller le plus loin possible. Il reste beaucoup à apprendre, beaucoup à travailler et sûrement encore quelques larmes à dissimuler sous un casque, mais la direction est désormais évidente.
La montée du Petit-Abergement en vidéo
Prochaine étape : Marlhes. Cette fois, l'objectif sera de transformer cette 3ème place en véritable podium de week-end et de prouver que ce résultat n'était que le début.